Projets de méthanisation et d’alimentation en eau potable dans le village de Giteranyi, au Burundi

Le projet de méthanisation consistera à produire du biogaz et de la fumure organique sur base des déchets organiques ménagers et les excréments d’animaux. Deux aspects importants permettent d’établir un lien intéressant avec le projet d’alimentation potable du village de Giteranyi.

D’une part, dans un environnement rural comme le village de Giteranyi où l’assainissement du milieu laisse à désirer, ce projet permettra de collecter et transformer les multiples ordures susceptibles de participer à la pollution de l’environnement, y compris les nappes d’eau souterraine. En effet, les ordures ménagères et les déjections animales sont rependues n’importe où et n’importe comment dans le village. Bien plus, certains ménages ou infrastructures publiques  n’ont même pas de latrines et les excréments humains sont rependus ici et là, dans le voisinage des maisons d’habitation, des écoles ou des marchés. Il n’existe aucun programme de collecte et de recyclage des déchets. Ces déchets sont donc susceptibles d’être charriés par les eaux d’infiltration et, partant, de contaminer la nappe d’eau souterraine exploitée pour l’alimentation en eau du village. Cette potentielle source de contamination est d’autant plus inquiétante que les habitations ou les infrastructures publiques sont localisées dans l’aire d’alimentation de l’aquifère qui sera exploité, en d’autres mots en amont de la vallée où seront construits les forages d’exploitation de l’eau souterraine.

D’autre part,  le projet de méthanisation permettra de produire du biogaz, une source alternative et abordable d’énergie pour les ménages ruraux de Giteranyi. En effet, jusqu’à ce jour, la source d’énergie pour les ménages dans le village de Giteranyi est essentiellement le bois. Or, avec une démographie galopante caractéristique des pays en développement, l’usage du bois comme source d’énergie entraîne la déforestation qui, de nos jours, atteint des degrés inquiétants. La déforestation favorise le ruissellement de surface au détriment de l’infiltration des eaux de pluies. En effet, avec la déforestation, la surface du sol durcit et il se forme une couche faiblement perméable pour les eaux d’infiltration. Ainsi, en augmentant le ruissellement de surface, la déforestation réduit fortement la réalimentation des réserves  en eau souterraine par l’infiltration; ce qui, à la longue, peut conduire à l’épuisement des  nappes d’eau souterraine exploitées. L’usage du biogaz au lieu du bois de chauffage s’avère donc être un moyen efficace de lutter contre la déforestation et, partant, de maintenir un taux adéquat de renouvellement des eaux réserves en eau souterraines.